La Fête du Libre à Lannion

22 avril 2020

Tous les deux ans, un regroupement d’associations des Côtes d’Armor travaillent ensemble sur Libre en Fête en Trégor (site web, Twitter), un rassemblement convivial et familial autour de la culture du libre et du partage. Cet évènement s’inscrit lors de la Fête du Libre qui est initiée chaque année par l’April.
J’aurai aimé dire que l’édition allait se faire cette année, et leur faire un p’tit coup d’pub, la dernière “grosse” édition ayant eu lieu en 2018, mais les mesures de confinement de la COVID-19 en ont décidé autrement 😔. Toutefois, je tenais à revenir sur cette belle édition du 25 mars 2018 avec plus de 700 visiteurs après plus de 6 mois d’organisation.

Les contributeurs du projet 💪

L’édition 2018 était organisée de concert par le FabLab de Lannion ainsi que Code d’Armor. À ces deux associations se sont joints prêt d’une trentaine d’acteurs, allant de la ville de Lannion et le conseil départemental, aux établissements d’enseignement avec le lycée Le Dantec, l’IUT et l’ENSSAT, tout en passant par des acteurs économiques locaux comme Anticipa, BrestTech+ ou Kristal. Et surtout, de nombreuses associations de différentes tailles, avec l’April, Nos Oignons ou Open Street Map. La liste est longue mais ci-dessous il y a un récapitulatif. On peut remarquer des associations qui sentent bon le beurre demi-doux comme An Drouizig, Infothema ou encore Nerzh Nevez, et aussi des poids lourds comme Linux Pratique et Hackable magazine !
Bref un sacré paquet d’acteurs qui fait plaisir à voir 👇.

Liste des acteurs récupérée depuis le site web linuxfr.org

Les sponsors 😘

Organiser un événement pour un public aussi nombreux, sur une seule journée, avec autant d’espaces et d’acteurs à rendre visibles exigeait d’avoir un minimum de sponsors et soutiens, ne serait-ce que pour amortir l’achat des consommables ou faciliter la communication ainsi que la création des différents supports. En effet nous ne cherchions pas vraiment à dégager des bénéfices, mais avant tout à être à l’équilibre financier, et si bénéfices il y avait, les reverser à des associations partageant les mêmes valeurs que nous. Là encore le local a joué beaucoup avec la ville et l’agglomération, mais aussi des entreprises installées dans le coin ou non comme Huawei, Ixia et Orange. Merci encore à eux 👌.

Les 6 espaces ⛱

Le coeur de l’édition costarmoricaine de Libre en Fête était composé de 6 espaces thématiques. Ces espaces devaient contenter tout le monde : les plus jeunes comme les plus grands, les geeks barbus et jeunes hackeuses en herbe, ainsi que des familles curieuses en quête d’occupation dominicale. Ces zones avaient pour but de montrer les valeurs partagées dans la “culture libre”, tout en cassant les mythes et préjugés qui pouvaient encore lui coller à la peau.

Affiche de l'espace Explorer

🤠 L’espace Explorer : numérique et territoire proposait par exemple un jeu de cartographie du Trégor façon puzzle avec des pièces découpées au laser. On pouvait aussi y retrouver de acteurs parlant de cartographie collaborative comme Open Street Map ou l’antenne lannionnaise de The Thing Network parlant objets connectés et LoRa. C’était aussi l’occasion pour la ville de parler de sa propre vision à l’horizon 2030. Les amateurs de vélos ont pu montrer leurs contributions sur les différents chemins cyclables ainsi que leur niveau de praticabilité.

Affiche de l'espace Comprendre

🧪 L’espace Comprendre : numérique et enjeux citoyens quant à lui avait peut-être le côté le plus “hard” du libre avec les problématiques relatives aux données personnelles, la neutralité du net, la surveillance en ligne, le tracking publicitaire… On pouvait aussi y trouver des choses sur l’open data et la démocratie participative et numérique. Pour retrouver les fidèles contributeurs de l’April et Nos Oignons, c’était là. Le Conseil Départemental en profitait également pour parler des données libérées et publiques. La cybersécurité et les communs étaient présentés aux visiteurs afin de les y sensibiliser, et de démystifier un peu.

🎮 Pour les amateurs de jeux, l’espace Jouer était sur le pont. On y présentait des jeux libres avec des projets issus de jeuxlibres.net via l’association LANPower et Libre Games Initiaves. Les visiteurs pouvaient (re)découvrir le rétrogaming ainsi que des consoles de jeux do it yourself. On avait même LinuxConsole.org qui proposait une distribution Linux permettant de faire tourner des jeux PC Windows ! Grâce à eux, plus aucune excuse pour dire qu’il n’y a pas de jeux sous Linux et que le système d’exploitation de Microsoft est nécessaire :).

Affiche de l'espace Apprendre

💡 Un des plus gros espaces était Apprendre. Faire découvrir aux enfants Scratch et OoRoBoT, recycler son ordinateur avec une distribution GNU/Linux lors d’une install party, se fabriquer des objets du quotidien pour être résilient, découvrir des exercices libres Aleccor… il y en avait pour tous les membres de la famille ! On retrouvait aussi Code d’Armor proposant des meetups pour faciliter le réseautage et le partage des connaissances entre développeurs, la Coopérative Pédagogique Numérique du 22 qui animait des ateliers autour du numérique et les Petits Débrouillards proposant des ateliers de bricolage pour les enfants. La culture libre est autant composée de soft que de hard, de code source que de plans d’objets à bricoler ! Un bon exemple était Nerzh Nevez qui montrait comment se fabriquer une éolienne ou un chauffe-eau avec trois fois rien (mais pas mal d’huile de coude).

Affiche de l'espace Découvrir

⚙️ Enfin deux autres espaces étaient accessibles : Découvrir et Entreprendre. Dans Découvrir notamment avec PATG on pouvait essayer des logiciels libres du quotidien accessibles au plus grand nombre que ce soit pour de la bureautique, de la navigation sur les internets, jouer…

Firefox, Thunderbird, Libre Office, Gimp… beaucoup de logiciels étaient présentés pour tous les usages. Il y avait même des supports de Framasoft proposant un ensemble de logiciels selon les envies.

Affiche de l'espace Entreprendre

🕶️ Et pour l’espace Entreprendre, les sponsors et acteurs du territoire étaient là afin de parler d’open source et d’open data. Le challenge Ada Lovelace s’y terminait et le FabLab en profitait pour faire naitre des nouveaux esprits de makers avec de courts ateliers de conception d’objets connectés. Cet espace était celui des start-ups, des makers, des celles et ceux qui voulaient construire des choses, physiques ou non. Bref, du do it yourself à tous les niveaux !

Les conférences et remises de prix 🎙

Nous voulions que la journée soit dynamique et que différents formats d’échanges soient proposés. Ainsi, de nombreuses conférences ainsi qu’une table ronde ont rythmé la journée. Beaucoup de sujets ont été abordés que ce soit l’histoire du logiciel libre, l’usage et la création de distros GNU/Linux, l’open source chez Orange ou Huawei, les cryptomonnaies, la vie privée sur le net ou encore le routage en oignons avec TOR ou la cartographie participative. Nous avions la chance durant la table ronde d’avoir des élus du territoire qui animaient le débat, notamment Eric Bothorel le député de la circonscription. Tous les territoires n’ont pas la chance d’avoir un député aussi au fait du numérique et ses enjeux, avec en plus le bagage technique qui alimente le débat.

Cette journée a été également l’occasion de réaliser des remises de prix pour le concours de cartographie locale OpenStreetMap et les lauréates du challenge Ada Lovelace afin de récompenser les meilleures contributions 😀 .

Programme des conférences

Et finalement ?

Finalement, après le 2nd startup weekend de Lannion en 2012 et avant le 1er DevFest du Bout du Monde à Brest, co-organiser Libre en Fête en Trégor fut un des gros projets de Code d’Armor.

Côté organisation, c’était parfois sportif étant donné qu’il y avait de grosses attentes de notre part, beaucoup d’interlocuteurs, différentes contraintes et une organisation à garder rodée. Mais on s’en est sorti, et le public a beaucoup apprécié ! La couverture médiatique fut également bonne, avec des articles élogieux et incitant à faire de nouvelles éditions. Il y avait une réelle volonté de la ville et des acteurs locaux de s’investir dans le projet et de proposer un évènement de qualité, et le résultat faisait plaisir à voir.

Pour plus de détails, ce thread sur le blog de Infothema ou ces articles sur le blog de l’ENSSAT.

Mais s’il a connu un franc succès, c’était grâce au FabLab qui avait lancé les initiatives, aux associations qui ont voulu partager des choses, aux différents soutiens quelle que furent leurs tailles et aux très nombreux bénévoles qui étaient au rendez-vous ! On pouvait aussi compter sur la superbe patte graphiste de Nicolas qui avait fait des affiches foutrement jolies (avant de faire les identités visuelles du DevFest brestois qui étaient vraiment sympa d’ailleurs).

En organisant des rassemblements publics avec autant d’acteurs associatifs, on se rend compte que l’humain compte avant tout. On constate aussi que des personnes, sur leur temps libre ou avec la bienveillance de leur employeur, font un travail de tarés pour faire progresser les choses. Réduire la fracture numérique, sensibiliser aux usages du web, faire découvrir la programmation, faire germer des étincelles de makers, tout ça est important. Des personnes ne s’y investiront que sporadiquement, d’autres auront le besoin de toujours faire plus. Mais c’est dans ce genre d’évènements que l’on constate la richesse d’un territoire et la possibilité d’en faire quelque chose, à tous les niveaux. Et l’avantage du libre, de l’open source, des makers, c’est qu’il y a toujours des libertaires, des punks, des militant·e·s et des créati·f·ve·s qui sont là pour proposer des choses.
Alors, bordel, merci à eux 👏

Ici une vidéo de Lannion-Trégor Communauté sur l’édition 2018, et là une du FabLab de Lannion faisant le bilan, ou encore un timelapse de l’évènement.

Et si on ne devait garder qu’une image, ce serait celle-ci prise lors de l’évènement, je la trouve rigolote 😄👇

Personne âgée avec un magazine Hackable

D’ailleurs, avec ce contexte sanitaire compliqué, le FabLab a amorcé une initiative locale pour faciliter l’équipement des soignants et de celles et ceux qui sont en 1ère ligne. La liberté de créer des uns commence là où commencent les emmerdes des autres. Vous pouvez en savoir davantage sur le projet et les makers sur cette page !