Confinés… et on s’ennuie ?!

24 mars 2020

Le contexte du COVID-19 fait qu’on est parti pour être confinés un sacré moment… et il va falloir affronter un autre ennemi invisible : l’ennui. Mais c’est peut-être l’occasion de dépiler le tas de trucs que l’on a à faire pour lequel on n’avait jusque là jamais assez de temps. C’est pas parce qu’il faut en ce moment avoir moins de relations digitales qu’on peut pas faire plus de numérique :)

#1 — Faire ces $@#! de mises à jour

Entre les ordinateurs, tablettes, smartphones et autres appareils connectés dans nos maisons, on a enfin le temps de faire leurs mises à jour. Je pense entre autres à mes IDE (Xcode, Android Studio…) et aussi aux kernels et dépendances des machines sous GNU/Linux à la maison. Allez, si on est joueur, pourquoi pas refaire une configuration ArchLinux, après tout, le confinement est parti pour durer (^_^)'

#2 — Libérer ses OS

Le vieux smartphone Android qui traine dans un coin, ou cette vieille tour sous Windows qui bloque un meuble… ça fait belle lurette que leurs systèmes sont dépréciés, non ? C’est le moment de changer ça 💪 Par exemple, si vous remplaciez le système de votre appareil Android pour y mettre du LineageOS ou du /e/ ? Si vous passiez à du GNU/Linux à la maison avec Ubuntu ? Il y a pléthore de systèmes à tester, et au pire ils garderont à jour les appareils concernés un peu plus longtemps.
Des détails sur les manipulations ici.

#3 — Se déGAFAMiser

Si la vie privée et sa protection vous préoccupent, avez-vous déjà pensé à revoir la gestion de vos calendriers et contacts ? Ont-il vraiment besoin d’être hébergés chez un GAFAM ? Et si vous profitiez aussi pour faire gérer vos courriels ailleurs ? Des acteurs comme, en vrac, Gandi.net, OVH, Nextcloud ou Cozy Cloud, peuvent répondre aux besoins.

#4 — Se sécuriser

Vous n’avez jamais le temps de monter un VPN chez vous ? Vous vous dîtes que vous aviez tort jusque là de vous passer de routage en oignons ? Être confiné à la maison avec moins d’activités extérieures et machinalement plus de temps à tuer peut être rentabilisé, par exemple en essayant des services de VPN ou TOR, histoire de protéger un peu plus ses échanges. D’ailleurs, ça peut être l’occasion de changer ses DNS aussi. Voire même de regarder de plus prêt la configuration de son routeur pour, par exemple, désactiver le WPS ou activer le filtrage par adresses MAC.

On peut en profiter aussi pour experimenter certains navigateurs web comme Firefox (avec des plugins comme NoScript et PrivacyBadger) ou Brave (et sa notion de BAT).

D’ailleurs ici un billet de blog abordant les problématiques de protection de la vie privée sur la toile.

#5 — Revoir ses mots de passe

Maintenant plus d’excuse pour ne pas revoir ses mots de passe de comptes numériques ! Les sorties emplettes / promenades / bars / cinémas / … peuvent être remplacées par des moments (pas funs du tout et chiants comme la pluie) pour passer à des outils libres et open source comme Keepass pour gérer finement les accès à ses comptes. Tant qu’à faire, autant les changer avec des mots de passe générés par l’outil, et plus forts.

#6 — De la redondance

Pour les nostalgiques des CD et disques durs, ou ceux qui ont un peu trop procrastiné, on peut profiter du confinement pour voir si on a bien fait des copies de ses photos et fichiers importants. Que ce soit via un NAS, des supports physiques ou des solutions cloud (cf #3), c’est le moment de faire cette e-corvée.

#7 — Apprendre des trucs

Installer Scratch ou Scratch Jr permet d’occuper les enfants, et aura le mérite de leur donner une activité constructive devant lézécrans.
Il y a aussi d’autres solutions que j’avais pu évoquer lors d’une édition de la Fête de la Science comme Code Combat, Erase All Kittens, ou Thymio.
Le temps libéré peut aussi servir par exemple à apprendre à jouer d’un instrument (ou a minima voir des tutos en ligne) ou apprendre une langue étrangère. Si vous ne savez pas quoi choisir, le polonais c’est rigolo. Va falloir deux ou trois épisodes de coronavirus pour digérer le truc.
Plutôt que de bing-watcher des séries, le confinement peut être aussi utilisé pour faire de la veille ou engloutir des vidéos de conférences passées. Entre au hasard les BreizhCamp, DevFest, Pas Sage en Seine, Capitole du Libre ou DEVOXX, il y a largement de quoi faire. C’est aussi possible d’en apprendre davantage sur le numérique avec par exemple Do Not Track ou sur ce guide sur l’hygiène numérique.

#8 — Contribuer !

Si vous avez les compétences, pourquoi ne pas occuper vos soirées à contribuer au libre et à l’open source ? Renseignez-vous auprès de vos FabLab, certains projets pourraient avoir besoin d’aide. Autrement, il y a surement des choses à améliorer. L’avantage de ces projets est qu’il y a toujours des choses à faire dessus. Il y en a partout : des clients Twitter et Mastodon, gestionnaires de mots de passe, apps de météo ou de podcasts, apps éducatives… d’ailleurs, pourquoi ne pas lancer ce side-project qui n’a jamais démarré faute de temps ?

On peut aussi revenir à l’actualité en soutenant des associations comme des C.H.A.T.O.N.S qui ont besoin d’huile de coude pour leurs outils et infras, ou aussi si on a une imprimante 3D à la maison en imprimant des composants médicaux comme des respirateurs.

Bref...

Voilà quelques propositions de choses à faire ; elles auront le mérite d’occuper et de se prémunir de certains problèmes. Si on a déjà sa dose quotidienne d’écran, il reste toujours des classiques à lire qui prennent la poussière, ou encore des groupes de musique à découvrir (connaissiez-vous le folk métal mongol ?). Ou alors vous pouvez contribuer à un clip vidéo spécial confinement 🤘.

Même si on a le droit de trouver le temps long, il faut penser aux soignants, victimes et leurs proches. Quand bien même le confinement est inconfortable, nous ne devrions pas nous plaindre, et les soutenir du mieux que l’on peut !